vendredi 2 mai 2014

Elle



Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, en ouvrant mes mails, je vis s’afficher dans la colonne « nouveaux messages » deux initiales qui firent renaître en une fraction de seconde un univers de sensations et d’émotions que mon esprit conservait précieusement dans un tiroir de sa mémoire depuis une certaine époque… l’époque de ma rencontre avec « Elle ».
« Elle », dont j’avais découvert la prose exquise au détour de mes prérégrinations sur les blogs « pour adultes ». « Elle », qui sait manier les mots à merveille et a un talent magnifique pour les charger de ses propres émotions. Elle habite littéralement les mots qu’elle couche sur son blog et, au fur et à mesure de la lecture de ses textes, on entre en elle avec une volupté démesurée. Sa sensualité exacerbée exude de chaque ligne, déclenchant des frissons de bien-être dans l’échine du lecteur. On sent le désir à fleur de peau. Un désir contagieux qui vous saisit les reins dans un étau chaud et impérieux. Chaque paragraphe donne un peu plus envie de baiser que le précédent. De la baiser.
Nous nous étions tourné autour par commentaires interposés et très rapidement nous avons échangé nos mails. Un dialogue à la fois délicat et sulfureux se tissa peu à peu entre nous. Derrière un paravent de pudeur distinguée, nos cœurs se mirent à battre la chamade et le rythme des mails s’intensifia. Nous dansâmes ensemble un tango de mots, entrecroisant les fils lumineux d’un récit à quatre mains dans lequel se mêlaient la construction d’un univers qui ne serait qu’à nous et l’aveu de désirs qu’à l’époque nous n’osions pas encore nous avouer de manière plus directe… jusqu’à ce fameux soir. Ce fameux soir où, échangeant cette fois par messagerie, nous fûmes pris par une spirale d’envie mutuelle qui nous mena jusqu’au plaisir. Un plaisir réel, physique, que nous sûmes nous communiquer en donnant vie aux mots.
L’échange de photos acheva l’édifice qui était devenu le nôtre. Je découvris ses courbes ravissantes tout en lui présentant sans pudeur déplacée les manifestations physiologiques du désir qu’elle faisait naître en moi.
Rarement j’ai désiré une femme, y compris en réel, autant que j’ai pu la désirer, elle. Le simple affichage de ses initiales dans ma boîte mail suffisait à incendier le creux de mes reins et à donner à mon membre viril des proportions aussi soudaines que rigides. Et c’est toujours le cas… Lorsque je vis ces fameuses initiales il y a deux jours, après des mois de silence, un frisson m’iradia la colonne vertébrale pour se concentrer en mes parties viriles sous la forme d’une subite et délicieuse érection.
Le message était court… elle me demandait des nouvelles. Mais cela suffit à me pousser à relire nos échanges passés, à revoir ses photos… et l’envie délicieuse revint, avec une force comparable à celle d’autrefois. La nuit qui suivit, je dormis peu. Mon cerveau bouillonnant de toute cette volupté réveillée maintenait mon sexe dans un état pénétrant, ce qui est somme toute assez incompatible avec un endormissement serein…
Ce que nous avons fait naître il y a deux ans est toujours là, bien vivant, prêt à refleurir à la moindre sollicitation. Pour des raisons que je ne développerai pas ici, cette relation avec Elle est demeurée "virtuelle" (le mot correspond peu à la réalité mais c'est celui que l'on utilise communément pour qualifier une relation par les mots, par clavier interposé). Je ne l’ai jamais vue, je ne l’ai jamais tenue dans mes bras, et pourtant Elle fait partie des femmes de ma vie. De celles qui comptent ou ont compté. Catégorie dont sont exclues nombre de relations pourtant tout ce qu’il y a de plus physiques. Je La compte au nombre de mes maîtresses comme si nous avions concrétisé physiquement l'élan réciproque que nous ressentons l'un pour l'autre.
Je La remercie de partager cela avec moi, de se réjouir de l’expression de mon désir, de me confier le sien, et surtout d’accepter la tournure que notre relation a prise même si ce n’était pas forcément celle qu’elle souhaitait.

mardi 17 avril 2012

Panne

Si d'aventure certain(e)s m'ont écrit par mail, j'ai un petit souci que j'espère temporaire...


dimanche 8 avril 2012

A quatre mains avec Orchidée : la chambre

Les défenses d’Orchidée cédaient les unes après les autres. Elle m’avait butiné comme un papillon timide et avait même enfoui sa tête au creux de mon épaule en signe de reddition. Son désir commandait chacun de ses gestes et se mêlait au mien pour tisser autour de nos corps étroitement enlacés un cocon de sensualité brûlante.

Sa main hésitait encore, crispée sur la poignée de la porte. D’un geste doux, la mienne se posa sur elle et impulsa la légère pression qui fit cliqueter la clanche. La porte émit un léger grincement en s’ouvrant. Derrière, la pénombre nimbée d’un clair de lune ténu. Sa chambre. Son refuge secret. Le nid de sa féminité, de son intimité la plus cachée... Un léger parfum d’enscens flottait dans la pièce. A notre gauche, le lit défait aux draps froissés par l’insomnie agitée de la belle.

Orchidée se mordait la lèvre inférieure en me pénétrant d’un regard d’animal aux abois. J’avais violé son sanctuaire sur son invitation. Elle s’offrait, vaincue davantage par l’éclosion d’un désir longtemps contenu que par mes avances sommes toutes discrètes.

Nous restâmes debout à quelques centimètres du lit. Je la tenais par les hanches et la maintenais à quelques distances afin de la contempler encore un peu. Puis, d’un doigt, je fis glisser l’une après l’autre les bretelles de son déshabillé, qui tomba au sol sans un bruit. Elle était nue, sans défense, ses yeux éplorés toujours rivés dans les miens, que je ne parvenais pas à baisser. Je percevais de manière floue ses épaules éclairées par un faible rayon de lune. Ce fut par le toucher que je la découvris dans un premier temps. Alors que je me penchais pour embrasser ses lèvres avec toute la douceur dont j’étais capable, je l’enlaçai et la rapprochai de moi jusqu’à ce que son corps frissonnant vienne se nicher au creux du mien. Alors je sentis distinctement la pointe de ses seins contre mon torse. Je sus au premier contact que ses tétons étaient érigés et durs. Ce fut comme si j’avais mis les doigts dans la prise de courant. Une décharge violente inonda ma chair des pieds à la tête avant de déferler, concentrée, au niveau de mon sexe qui se mit à durcir instantanément. Mes mains effleuraient le dos cambré d’Orchidée. Elles savouraient la douceur de sa peau tiède et frémissante, les courbes douces de ses reins, le velours de son épiderme à la naissance des fesses. Elles dessinaient les contours de ce corps gracile et souple et m’en renvoyaient l’image tandis ma langue repartait à l’assaut de la bouche d’Orchidée.

Deux petites mains d’une infinie fébrilité se mirent soudain à s’affairer sur les boutons de mon pantalon. Les gestes étaient maladroits, impatients, mais les boutons cédèrent toutefois l’un après l’autre. Alors une des petites mains plongea dans l’ouverture ainsi pratiquée et se saisit crânement de ma virilité tendue à tout rompre. Je ne pus réprimer un gémissement tant le plaisir fut brutal et intense. Orchidée gémit également à ce contact et sa bouche quitta la mienne pour plonger dans le creux de mon cou. Sa main lâcha mon sexe et s’affaira, aidée de sa jumelle, à baisser ce pantalon qui ne me servait plus à rien.

Nous fûmes bientôt aussi nus l’un que l’autre, enlacés si étroitement que je sentais contre mon sexe la douce pilosité du sien. Ma main caressa ses hanches, puis son ventre, avec l’intention de partir à la découverte du sanctuaire secret d’Orchidée. Mais Orchidée arrêta le mouvement d’un geste impérieux. Le regard éperdu, elle trouva la force de souffler « non... viens... » avant de m’entraîner à sa suite sur le lit où nos corps emmêlés chûrent comme un seul.

J’étais sur elle, posé entre ses cuisses grandes ouvertes. Mon sexe, placé tout contre le sien, n’eut besoin que d’une poussée légère pour se glisser en elle. J’entrai dans son corps tout en douceur, et chaque centimètre parcouru déclenchait un feu d’artifice de sensations exquises. Lorsque nous fûmes fondus l’un dans l’autre au point de ne faire qu’un, je m’immobilisai et redressai légèrement le torse pour plonger mes yeux dans les siens.

« Orchidée, vous me plaisez énormément », lui dis-je alors.